NI PUTES NI SOUMISES - DEFENSE DES DROITS DES FEMMES EN FRANCE
La lutte des femmes, l’arme pour le progrès et la démocratie.
les comites en FRANCE et EUROPE
« Ni putes ni soumises » ! C’est pour dire non à la dégradation
constante et inadmissible que subissent les filles dans nos quartiers
que nous avons lancé ce cri de colère. Un cri au visage de notre
société pour que plus personne ne puisse dire : on ne savait pas !
Qu’est-ce donc que ce cri si ce n’est le combat pour la liberté et
l’émancipation de tous ? Qu’est ce donc que ce cri si ce n’est un
combat pour le vivre ensemble et la démocratie ?
En effet, comment pouvons- nous tolérer qu’au 21ème siècle, Sohane ou
Chahrazad soient brûlées vive par un garçon en plein cœur de leur
quartier ? Comment pouvons nous accepter que Ghofrane soit tuée à coup
de pierre dans un terrain vague à Marseille ? Que dire encore de toutes
ces jeunes mariées de force ou menacées de mariages que nous
accueillons dans nos permanences tous les jours. Souvenons nous aussi
du courage et de cette formidable leçon d’amour et d’espoir que nous a
donné Samira Bellil qui avait témoigné dans un livre poignant des viols
collectifs qu’elle avait subit.
Depuis 5 ans nous avons brisé le silence sur la condition de vie de nos
concitoyens dans les quartiers populaires aux prises à la précarité,
aux discriminations. Nous avons travaillé dur et réussi en partie pour
que le respect retrouve ses lettres de noblesse, pour que les garçons
et filles réapprennent à vivre ensemble, pour que la mixité sous toutes
ces formes redevienne réalité. Les violences urbaines de 2005, et les
événements de 2007 à Villiers Le Bel, ont hélas démontré qu’il était
urgent de redonner de l’espoir aux habitants de nos cités. Redonner
leur place aux papas qui comme leurs enfants subissent le chômage et la
discrimination ! Aider ces mamans et ces femmes , victimes elles aussi
de la précarité, qui se battent au quotidiens pour joindre les deux
bouts et acquérir les outils de leur émancipation. Voici l’un des
chantiers qui nous mobilisera avec force dans les années à venir .
En réalité et surtout dans les couches populaires, il ne fait pas bon
être ni femme ni maman... La pauvreté est souvent une pauvreté des
femmes. La pénibilité du travail s’exerce surtout sur elles. 80 % des
employés sont des femmes, soumises à une hiérarchie, à des horaires
éclatés. Beaucoup travaillent pour des petits salaires avant sept
heures du matin, Impossible donc de se payer une nounou ou de dégager
du temps pour s’occuper des enfants. Il nous faut aujourd’hui
réaffirmer la conciliation de deux identités de mère et de femme. Non
pas pour maintenir ces femmes dans leur foyer comme le souhaite les
tenants des politiques matrimonialistes rétrogrades mais bien pour
démontrer, qu’aujourd’hui l’on peut être une femme libre émancipée et
maman.
Depuis 5 ans que nous travaillons d’arrache pied sur le terrain nous
avons été conforté dans cette terrible constatation qu’en France, mais
aussi à travers le monde, le statut de la femme était en constante
dégradation. En effet, à l’heure de la mondialisation notre combat se
mène ici et là bas. A l’heure où nos sociétés doutent d’elles mêmes les
femmes sont les premières victimes des replis identitaires et nationaux
des relativismes culturels qui ont pour conséquence une montée
effrayante des sociétés patriarcales et des obscurantismes. C’est ce
combat courageux et difficile de l ‘émancipation de toutes les femmes
que Ni putes ni soumises entend prendre à bras le corps, avec force et
sans compromission. Nos comités locaux à l’étranger et les multiples
rencontres nous prouvent s’il en était besoin l’urgence d’agir
Pouvons nous cautionner que des société
dites « développées » des femmes soient battues, harcelées, violées ou
tuées comme en France ou en Europe.
Pouvons nous fermer les yeux face aux attaques répétées contre l’IVG aux Etats-Unis ou en Pologne ?
Pouvons nous nous taire quand des femmes tadjiks s’immolent pour
échapper à une oppression et des violences quelles ne supportent plus.
Pouvons nous dormir tranquillement quand des femmes sont lapidées ou pendues au Moyen Orient.
Pouvons tolérer que des filles soient victimes de crimes d’honneur, gavées, vendues, excisées…
La liste est longue et nous donne la nausée.
Nourris par l’internationalisme des progressistes nous menons désormais notre combat à l’échelle de la planète.
Depuis le début de l’année 2007, Ni putes ni soumises est doté du
statut consultatif auprès de l’ONU. Ce titre est pour nous un outil qui
nous permettra de peser à l’échelle des nations pour que l’émancipation
des femmes soit un préalable pour tous les états membre et soit une
condition à toute relation internationale.
Convaincus que l’éducation est la base de toute émancipation nous
menons des partenariat avec des associations de femmes à l’étranger.
Dans ce cadre, nous travaillons par exemple avec Mukhtar Maï au
Pakistan. Cette femme courageuse avait été livrée au viol d’une tribu «
ennemie » pour punir son frère qui avait eu des relations avec une
jeune fille de cette même tribu. Aujourd’hui, Mukhtar a créé plusieurs
écoles pour instruire les jeunes filles de sa ville.
Depuis deux ans, nous travaillons main dans la main avec une
association qui elle aussi mène une action exemplaire au Maroc :
le comité de soutien scolaire au jeunes filles en milieu rurale, le
CSSF. Au Maroc, les filles ont 20% de chance en moins que les garçons
d'entrer à l'école.
Parfois, l'établissement le plus proche est à 100 km.
Pour lutter contre ce fléau, le « comité de soutien à la scolarisation
des filles rurales » CSSF, a décidé de construire des internats pour
héberger ces jeunes filles à proximité des établissements scolaires.
Pour seulement 350 dirhams (35 euros) par mois, de jeunes marocaines
peuvent suivre un second cycle, en étant logées et prise en charge dans
un foyer placé sous la supervision d'une encadrante diplômée et d"une
gouvernante.
Ces actions s’inscrivent dans la conception directe que nous avons du
féminisme moderne. Un Féminisme d’urgence, un féminisme populaire qui,
loin des palabres intellectuelles soit capable de donner des réponses
concrètes et efficaces aux situations les plus prégnantes et
difficiles. Les médias et les nouvelles technologies sont des armes
essentielles à notre lutte pour l’égalité et la liberté.
Dans le même esprit nous travaillons avec une grande figure du
féminisme internationale, l’égyptienne Nawal Al Saadawi à la création
d’une chaîne de télé satellitaire destinée aux femmes du monde entier.
Cette télé sera un moyen efficace d’unir toutes les actions pour le
droit des femmes à travers la planète.
Alors, oui l’action d’urgence en France et la solidarité internationale
seront pour nous prioritaires dans les années à venir.
Dans cet esprit nous participons à de nombreux forums comme les
récentes 3eme rencontres internationales féministes de Nairobi au Kenya.
Le Féminisme est une action politique qui nécessité la construction de stratégies communes !
Le Féminisme est un seul et même combat quelque soit la diversité des contextes !
Le Féminisme est la recherche d’égalité partout dans le monde !
Il est le cœur de ce nouvel altermondialisme féministe basé sur l’égalité, la laïcité et la mixité.
Le 21eme siècle sera Féministe !